“Les avantages que les fonctionnaires trouvent à émarger, c’est ce qu’on voit. Le bien qui en résulte pour leurs fournisseurs, c’est ce qu’on voit encore. Cela crève les yeux du corps. Mais le désavantage que les contribuables éprouvent à se libérer, c’est ce qu’on ne voit pas, et le dommage qui en résulte pour leurs fournisseurs, c’est ce qu’on ne voit pas davantage, bien que cela dût sauter aux yeux de l’esprit.”
— Frédéric Bastiat, Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, chapitre III, L’impôt, p. 10
Si les administrations ne servaient simplement à rien, tout ce serait si simple. On pourrait les ignorer, rire à l’occasion, et passer à autre chose. Un corps parfaitement inutile n’aurait aucun effet sur la société qui l’entretient, autre que le salaire versé aux fonctionnaires de ces dites administrations.
La réalité est plus sombre et le calcul beaucoup plus coûteux pour l’économie, précisément parce que leur action n’est pas nulle, elle a un coût, comme toute action que nous prenons dans nos vies. La question n’est donc pas de savoir si ces gens sont utiles au sens administratif du terme. La question est de savoir si, s’ils sont utiles, à quel prix.
Nous pouvons faire ici trois réponses différentes.
Le frein de la norme
“Leur préoccupation principale est d’obéir aux règlements et ordonnances, qu’ils soient raisonnables ou contraires aux buts poursuivis. La première qualité d’un administrateur est l’obéissance aux codes et aux décrets. Il est devenu bureaucrate.”
— Ludwig von Mises, La Bureaucratie, p. 67
C’est le premier niveau de lecture, le plus simple. Celui du bureaucrate qui freine le progrès par la norme. Après tout, chaque bureaucrate souhaite produire des normes, c’est son rôle…



